Quand la brioche apparut sur la table, ronde, gonflée,
dorée, luisante, épanouie dans sa blondeur, notre ami se déclara incapable d’y
faire honneur.
Il crut s’en tirer par l’éloge du cordon bleu, par un compliment
appuyé sur l’excellence du repas offert, compliment hautement mérité, disait-il
, mais hélas trop riche et trop copieux pour son âge et ses habitudes de
frugalité... Il devrait renoncer au dessert.
Le compliment fut apprécié, mais en ce qui concerne la
brioche, il ne put que capituler pendant que Maria flattée expliquait comment
elle en était arrivée à choisir le pot au feu !
- J’avais d’abord
pensé à faire rôtir un poulet, mais j’ai finalement renoncé...
- Et tu as préféré
faire un pot au feu, coupa Toni.
- Oui, c’est comme le
gigot que j’avais aussi envisagé...
- D’accord, mais tu
as abandonné ton idée de gigot pour le pot au feu ...
- Oui, bien sûr,
Toni, mais j’aurais pu aussi faire une fondue. On n’en mange pas souvent, mais
j’ai toujours peur d’un accident...
- Alors, tu as
choisi de faire du pot au feu...
- C’est une très bonne idée, intervint
Nanar.
- Je vous remercie,
dit Maria ... Du moins, je l’espère car
au début, j’avais encore eu une autre idée...
- Et tu l’as
abandonnée pour le pot au feu, et c’est très bien, et c’est une très bonne
idée, et tu ne vas tout de même pas nous réciter ton livre de cuisine...
- Ce qui compte, en définitive, c’est le choix
réfléchi et pertinent que vous avez fait, dit Nanar. Votre
invité vous en est reconnaissant et vous remercie de tout cœur.
Cette petite histoire vaut bien la fable qu’on vous
propose dans le dernier bulletin municipal, curieusement antidaté de janvier
2014, ne croyez vous pas ?
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Voici la version "Rébérot" ...
... et la vérité historique.
