mercredi 1 mai 2013

Déballage













Il avait plu toute la nuit. Petite pluie fine et froide. Depuis plusieurs jours. Toni avait sa tête des mauvais jours en regardant par la fenêtre sa mobylette ruisselante sous un pommier qui ne lui offrait guère de protection en ce printemps tardif.


Le printemps verdissant et rose,

Comme une nymphe fraîche éclose,

Qui, souriante, sort de l'eau.1



Mais Toni avait sa tête des mauvais jours ; pas d’humeur bucolique ...

« Je vais encore arriver au boulot le cul trempé ... Si encore elle veut bien démarrer », bougonna-t-il en balançant la serviette sur la paillasse avec humeur ...

« C’est un peu ta faute », dit Maria, imprudemment. « Si tu avais fait un peu de rangement ... »

Toni perdit tout à fait ce qui lui restait de patience.

- Comment ça, du rangement ? Tu as envahi le garage du sous-sol au plafond avec tes bébelles. Une vache n’y retrouverait pas son veau.

Et de citer :

« Un frigidaire, un atomixer, et du Dunlopillo, une cuisinière avec un four en verre, et des tas de couverts, et des pelles à gâteaux. Une tourniquette pour faire la vinaigrette, un bel aérateur pour bouffer les odeurs ; des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres...2 »

Toni s’arrêta, en panne ...

« Je cite de mémoire », s’excusa-t-il, les yeux dans le vague.

- C’est ça, referme ton catalogue. Si tu le prends ainsi, il te reste deux solutions : la poubelle ... et les « « monstres » !

- Pauvre innocente, tu devrais savoir que le ramassage des objets encombrants, ici, ça n’a plus cours depuis belle lurette. C’est ça le progrès dynamique !

- Alors, la déchetterie, mon cher petit mari tout mignon. La déchetterie ! Voilà la solution ...

« Génial ! », s’étrangla Toni. « Je fourre la vieille télé dans une sacoche, la poussette du p’tit dans l’autre ... Je peux faire plusieurs voyages, si tout ne tient pas au premier ! »

La discussion aurait pu prendre à ce moment une bien vilaine tournure mais Maria avait encore une autre idée ...



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Toni s’en fut en discuter avec son ami.

« A votre avis , Prof, c’est possible une vente de garage, un déballage comme on dit, dans ma cour ? »

- Mon petit Toni, la loi est la même pour tous les citoyens : une simple déclaration en mairie suffit. Tu n’as pas l’intention de vendre des armes de guerre, des produits stupéfiants ? Ta vieille poussette, ton lampadaire rococo, ta collection d’étiquettes de camembert, c’est pas des objets volés, au moins ? Bon, ben, une simple déclaration ...

Mais Toni restait incrédule. « C’est aussi simple que ça », répétait-il, sans conviction, le front plissé ...

Le professeur Nanar jugea le moment favorable pour le taquiner un peu. Ce n’était sans doute pas sa meilleure idée du jour, mais il avait envie de se pencher sur son passé. Et ça, quand ça vous démange, c’est comme un clou dans une godasse.

- Écoute, mon petit Toni, des fois, la situasse peut être un peu compliquée. Ça arrive. Je me souviens, c’était en 1943. Ma mère avait envie de réunir ce qui lui restait de famille pour fêter les noces d’or du Papi.

- Et ?

- Ben, elle demande l’autorisation à l’autorité du moment ...

- Alors ?

- Ben, alors, on la lui a refusée. Avec une foule « d’attendus »...

- Des « attendus ? »

- Mouais, comme ceux-là :

·         Attendu qu’un jardin familial peut-être assimilé à un ERP (*) ...

·         Attendu que l’arbre placé au centre du jardin peut se révéler dangereux en cas de tornade ...

·         Attendu que sous l’effet des rayons du soleil estival le gazon pourrait être la cause d’un incendie meurtrier ...

·         Attendu qu’en cas d’orage subit, la foudre tombant sur le cerisier, la panique pourrait faire périr une grande partie de l’assistance foulée au pied par les convives affolés ...

·         Attendu que la demanderesse ne semble posséder ni brancard de secours, ni borne à incendie, ni même aire prévue pour héliporter les blessés potentiels ...

... Conscient de notre devoir de protection de votre sécurité, interdisons toute  réunion et veillerons au respect de cette injonction avec l’aide des forces chargées du respect de notre autorité ...

Toni avait un peu de mal à suivre ; le professeur Nanar l’avait si souvent piégé avec du second, voire du troisième degré, une autre fois avec du 12 degrés 5 ... qu’il se demandait s’il n’était pas encore une fois en train de le chambrer...

- Mais c’était en 43, mon petit Toni ! Ne balise pas. En ce temps-là, c’était le règne de l’arbitraire ; on pouvait prendre ; on réquisitionnait, on expropriait, on faisait main basse sur vos biens, fruits de votre sueur et de celle de vos aïeux ; on pouvait interdire ; on envahissait ; on bétonnait beaucoup ; l’ausweis remplaçait la carte d’identité3, le diktat fleurissait comme les fleurs de la luzerne et le collaborateur vivait des jours fastes. On attendait avec impatience le débarquement. Fallait encore tenir un an... Ce ne sont que de mauvais souvenirs ; seuls, les vieux se souviennent ...

- Mon petit Toni, nous sommes à nouveau en démocratie. Je te le répète : une simple déclaration en mairie ! Les citoyens sont libres et égaux devant la loi ...

- A moins que ...

- A moins que ?

- Ben, j’y pense : t’aurais pas pris une carte à l’ARLLE, des fois ? C’est qu’il y a des citoyens plus égaux que d’autres et des citoyens moins libres que d’autres !

- A Ressons ?

- Non, mon gars, pas à Ressons, c’est sûr.

- Où alors ?

- Juste au Monomotapa ! (**)
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1. Gérard de Nerval, Odelettes - Avril

2. NDLR : les bébelles citées par Toni ne sont que des souvenirs d’un trompinettiste que nous vous laissons découvrir ... Maria n’a jamais possédé de pistolet à gaufres, ni de tourniquette pour la vinaigrette. Elle se sert d’une fourchette comme vous et moi. Enfin, vous ...

(*) - Le professeur Nanar se met maintenant à parler par abréviations !!!
ERP : Établissement recevant du public ( magasin de station-service, centre commercial, cinéma, discothèque, ...)  

3. Exercice : sur un cahier propre, recopiez et traduisez cette mise en garde d’époque troublée : « Die Erlaubnis zum Parken auf solchen Plätzen wird durch einen besonderen Ausweis erteilt, der von den Behörden ausgestellt wird. »

(**) - C'est dans ce pays exotique que vivoient les deux Amis de la fable de La Fontaine.


mercredi 24 avril 2013

Su’ l’ chemin d’ la Trésorerie












Certain(e)s ont cru à un poisson d’avril – voir notre article du 1er avril dernier – quand nous avons annoncé que notre brocante de la Trésorerie aurait bien lieu.

Le canular ne portait que sur la rumeur de subvention destinée à la réparation du chemin.


A y voir de plus près, nous avons effectivement constaté que, dans l’état où elle se trouvait, la « voirie » ne se prêtait pas du tout à la réalisation d’une brocante à cause de nombreux nids d’autruches1.



Si en effet, ces trous ont été tout dernièrement remplis de cailloux2, la praticabilité du chemin n'est pas satisfaisante, tant pour les exposants que pour les visiteurs.



En conséquence, la brocante de la Trésorerie aura lieu à quelques toises de son emplacement initial, en bas de la rue du Routy, en face du terrain de camping sur un espace gracieusement mis à notre disposition par le GAEC du Village.

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1 – Le nid d’autruche est au nid de poule ce que l’œuf d’autruche est à l’œuf liqueur.

2 – Parodie d’une chanson d’Aristide Bruant – Sur la route de Louviers

Su’ l’ chemin d’ la Trésor’rie
Y avait un’ cantonnier’
Qui remplissait
Des trous d'cailloux
Qui remplissait des trous d'cailloux
Pour mettre su’ l'passage des roues.

Un quidam vint à passer
Dans un beau carrosse doré
Et qui lui dit
« Pauv' cantonnier’ »
Et qui lui dit « pauv' cantonnier’
Tu fais un foutu métier »

La cantonnier’ lui répond
« Faut qu' j' nourrissions min garchon
Car si j' roulions
Carrosse comme vous
Car si j' roulions carrosse comme vous
Je n' casserions point de cailloux ! »

Cette réponse s' fait remarquer
Par sa grande simplicité
C'est c' qui prouve que
Les malheureux
C'est c' qui prouve que les malheureux
S'ils le sont c'est malgré eux !


mercredi 10 avril 2013

Le dernier jeu de Nicolas le capricieux










La mairie de Ressons-le-Long serait-elle devenue la cour de récréation de Monsieur Rébérot ?


Nous avons déjà abondamment évoqué les soucis qu’ont les Ressonnais1 lorsqu’ils désirent avoir communication de documents administratifs auprès de la mairie de Ressons-le-Long. A côté, le parcours du combattant du terrain de foot n’est qu’une promenade de santé !


Le 25 février 2013, notre association demandait à la mairie de Ressons la communication des études d’impact pour le projet d’aménagement du lotissement de la Trésorerie.

Le silence habituellement imposé par la mairie aurait du nous amener à poiroter jusqu’au 26 mars pour saisir la CADA2 d’un refus tacite, puis après saisine et avis favorable de la commission, espérer pouvoir consulter à la mairie, au bon vouloir de Monsieur le Maire, les documents sollicités, à défaut d’être à nouveau contraint d’un nouveau recours au tribunal administratif.

Que nenni ! Nous recevions de la mairie, le 7 mars, une lourde enveloppe en recommandé postal contenant la copie intégrale d’un dossier de 350 pages environ … 
Dis moi m’tiot’, c’est toi qu’ a demandé 350 photocopies à la mairie, alors qu’il n’y a que 350 mètres pour se rendre à la mairie et consulter gratuitement les documents !

Bien entendu, nous nous y attendions, la facture n’a pas traîné : 120,40 euros !

Nous allons donc devoir lancer une souscription pour couvrir cette dépense imprévue, sinon les finances de l’association ne pourront pas supporter une autre dépense imprévue : 700 euros pour occuper le chemin de la Trésorerie pour organiser notre brocante !


A moins que …

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1 – Surtout notre association et nos membres.
2 – Commission d’Accès aux Documents Administratifs

vendredi 5 avril 2013

Annonciation









Lundi soir à la télé, vous aurez le choix entre quelques téléfilms, séries ou documentaires sans intérêt, Borgia sur Canal …

Ou alors, comme nous, vous préférerez Top Chef à l’Hôtel de Ville de Ressons-le-Long.

Quelques sujets chauds nous intéressent, concernant entre autres, le projet d’aménagement du lotissement de la Trésorerie, ou bien alors le déplacement du monument aux morts …

Et bien sûr, le budget communal !



lundi 1 avril 2013

La brocante de la Trésorerie aura bien lieu











C’est aujourd’hui officiel, le maire a signé les arrêtés d’autorisation et de déviation routière nous permettant d’organiser la brocante de la Trésorerie le samedi 8 juin prochain de 14 à 22 heures.


On ne pourra donc éviter de remarquer une très nette amélioration des relations entre l’administration ressonnaise - qui hier encore se disait en délicatesse - et notre association.


Des rumeurs provenant de l’Hôtel de Ville laisseraient même augurer de l’attribution d’une subvention – pourtant non sollicitée - pour réparer les nids de poules sur la voie autorisée, ainsi que de faire disparaître les crottes de chiens…