dimanche 17 février 2013

Révision du PLU : ce qui nous pend au nez









Une semaine s’est écoulée depuis la réunion publique retorse du lundi 11 ...



Ce délai de réflexion n’a en rien entamé notre conviction d’avoir été les témoins d’une tentative minutieusement préparée de manipulation d’opinion.

Qu’avons-nous appris que nous ne savions déjà ?

·         Madame Géogram nous a expliqué ce qu’est un plan local d’urbanisme et décrit en long et en large la procédure légale.

·         Puis, nous avons eu droit aux mensonges et aux fadaises éculées que nous entendons depuis 2010 :

- que le projet de lotissement de la Trésorerie existe depuis 36 ans ; INTOX !1

- que nous jouissons d’une situation géographique favorable située « entre deux bassins d’emplois  relativement important » (Nous pensions à Rouen et Reims ... Non, il s’agit en fait de Compiègne et Soissons !)

- que nous bénéficions d’une dynamique démographique notable (Ben oui, ça va, ça vient !)

- que la Vache Noire est « un noyau de développement économique » ! (Oui, ça circule beaucoup ... sur la RN 31. Pas faux ! )
- que nous avons " un bon niveau d'équipements publics " (une cabine téléphonique, quelques abris-bus, un parcours santé qu'il faudra bientôt démonter ...)

- que nous profitons d’une qualité paysagère tellement remarquable – que l’on devrait la préserver ! - …


Les objectifs affichés de cette révision du PLU étant sa mise en conformité avec le projet de lotissement – de lotissement, j’ai bien dit ! – d’une centaine de logements sur le seul secteur de la Trésorerie, ainsi que la création d’une zone commercio-artisanale à l’entrée ouest du CD1160, c’est la destruction paysagère inutile de deux entrées de village par la nationale qui est programmée, ainsi que le sabotage irréversible de l’extraordinaire vue depuis la Montagne.

Ainsi Ressons-le-Long aurait un peu plus de points communs avec Trosly-Breuil, Cuise-la-Motte ou Mercin et Vaux.



Voilà le souvenir que nous laisserait l’équipe Rébérot !

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1 - Cet argument rabâché inlassablement se retourne contre son utilisateur : l’idée d’implanter des constructions dans le Marais s’est avérée rapidement être une bien mauvaise idée et l’équipe en place a eu en ce temps-là l’intelligence et la sagesse de l’abandonner sans dépenser un kopek.

vendredi 15 février 2013

Vidéosurveillance mal cadrée







Ça craint le soleil !1





« Oui », dit Toni, « mais la caméra, hein, la caméra, à quoi ça va servir ? »

- Je crois que c’est clair ; le maire avait fondé de grands espoirs sur la vidéosurveillance : prendre la main dans le sac les pas-polis, c’est à-dire les contestataires. Las, les « pas-polis » ne seront pas sur la vidéo ...

- Ben, pourquoi ? Une panne de caméscope ? Batterie à plat ? Le caméraman pas à la hauteur ?

- Je te connaissais plus psychologue, mon petit Toni. Réfléchis mieux ...

« Je passe », dit Toni, « je vois pas ... »

- C’est pourtant d’une telle évidence : les « pas-polis » n’étaient pas du bon côté. Alors, ces images-là craignent le soleil. Inexploitables ! Coupez !

- Je comprends, ça y est, j’y suis ... C’est ballot, quand même !

- Oui, c’est ballot, d’autant qu’on avait un scoop intéressant genre « l’arroseur arrosé ».

- Raconte !

- Ben, c’est quand le numéro 4 a giclé, souriant, épanoui, pour offrir un micro complice à un compère commandité pour la « séquence émotion », apologie interminable du supermarché aux champs, avec trémolos dans la voix et félicitations appuyées aux commanditaires d’une étude coûteuse mais brillante et « riche en retombées financières » ...

- Et alors, je suppose qu’il y a eu des réactions ?

« Bien sûr ! », dit Nanar, « que la réaction ne s’est pas fait attendre : une fois identifié, le lascar s’est esquivé vite fait et ce coquin de micro – serait-ce pour taquiner – a royalement ignoré les mains levées. »



« Plus de questions. La séance est levée ! » a dit le micro.



Ite missa est.

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1 - Dans « le parler des métiers » (Robert Laffont), cette expression fait allusion à des transactions qu’il est préférable de réaliser en « loucedé »

mercredi 13 février 2013

Liberté bien encadrée










Les échos de la réunion publique du 11 février 2013 (1)






Si profondément absorbé, tellement immergé dans sa lecture de la presse nationale, Toni n’avait pas entendu arriver son visiteur.


« Vous m’avez fait peur », avoua-t-il . Il avait en effet sursauté et son visage traduisait un trouble très marqué.


« C’est cet article », dit-il pour justifier son émoi, « qui m’a mis les nerfs en pelote. Si tu voyais tout ce qui se passe de nos jours. En danger partout, on est : agressions à l’arme blanche, coups de couteau, coups de pétards ... Ca craint ! Moi, j’ose plus aller nulle part. »


« Mon pauvre Toni », dit Nanar, « je comprends mal ton émotion. »


Je sors justement d’une réunion publique et je peux te dire que le plan Vigipirate a été déclenché.


Sans déconner ? Explique- moi ça !


Et Nanar prit une longue respiration avant d’énoncer la longue liste de mesures de prudence dont avait tantôt été priée l’assistance de prendre connaissance avant de s’asseoir pour écouter la parole du président (voir le fac-similé en fin d'article).



« D’abord, on s’autorisera à vérifier que tu n’as pas d’objet métallique dans ta poche ;


Tiens-toi bien car tu vas être filmé ; Ne mets pas tes doigts dans ton nez par exemple.


Décline ton identité : nom, prénom, fonction. On vérifiera.


Ne prends pas la parole sans demander la permission du président;


Si on t’accorde le micro, pense à le rendre. Très important, ça !


Ton temps de parole est limité : 3 minutes. Sois bref !



Ordre et discipline ! »



Et Nanar d’ajouter, nourri par son expérience personnelle, cette ultime précaution, toute de son cru : « Et surtout, évite les questions qui fâchent : on ne peut tout de même pas laisser s’exprimer des gens qui ne sont pas d’accord avec les décisions du pouvoir en place ».


- Je suppose donc, cher professeur, que la séance s’est déroulée sans incident. Du coup, rien à signaler ?


Oui, mais non ... Enfin, il y a bien eu quelques dérapages, quelques impolitesses, coups de gueule, vociférations incontrôlées, injonctions discourtoises. Un moment, il a même été fait allusion à la fragilité de l’existence des personnes d’un certain âge ...1


Un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane, je connais  ... Mais le service d’ordre a dû calmer aussitôt les excités, je me trompe ? 


Toni, réfléchis un peu : le dérapage venait du camp des supporters ...


« Alors, » conclut Toni, « ça, ne compte pas ? »


« Voilà, » dit Nanar, « ça ne compte pas ... ! »

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1 - Faire allusion à la grande faucheuse, quand on est cantonnière, quoi de plus naturel ? Faux ce qui faux ! 




mercredi 6 février 2013

Magistri clavis lapsus









Un clavier bien … « maitrisé »1





« C’est curieux », soupira Toni en regardant le fond de son verre vide. « C’est curieux comme tout dans le coin est surdimensionné »...


Et après un long silence pour donner plus de poids à son propos : « Sauf tes verres à apéritif ! »


« Mouais, j’ai compris l’allusion », répondit Nanar en refaisant le plein du godet « Éclaire-moi plutôt sur ce qui est surdimensionné. Je ne pense pas que tu fais allusion à ton salaire ?


Et si c’est à mon ego ... »


« Ben, déjà, on pourrait citer « La Montagne » ... C’est tout juste une colline. Et faut pas espérer qu’il suffira de remonter de la terre comme dans le film ... »2


« Tu ne viens quand même pas de faire cette découverte tout seul, Toni. On t’aura aidé ? Tu vas peut-être aussi chichiter sur Ressons le long qu’est pas long, si ça se trouve ? »


Toni dont le cerveau n’était pas embrumé par la taille lilliputienne des godets pédagogiques laissa tomber :

« Oui, prof, Ressons est long, mais je peux te donner d’autres exemples : Tiens, dis-moi que la mairie mérite le label « Hôtel de Ville » ?


« Et la machine à écrire de « l’Hôtel de Ville » qui s’y met à son tour ! »


« Comment ça, Toni, je ne te suis toujours pas ! ... »


« Ben regarde comment c’est signé, là, en bas : »



Le Maitre !



« Oui », dit Nanar, « on est bien à Ressons-le-Long ! »






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1 – En référence à « Le clavier bien tempéré » – Johann Sebastian Bach



2 - L’Anglais qui gravit une colline et descendit une montagne – Film états-unien de Christophe Monger