Ayant dansé tout le jour
L’anonyme troubadour
Court
Sur son écritoire,
Noire
Écrire un grimoire :
Il aurait vu au retour
Sur un arbre perché, haut,
Un corbeau !
La faute de l’anonyme
Sans conteste est minime.
Confondre corbeaux et corneilles
Serait banal errata
S’il n’avait pris hélas les abeilles
Pour des aoûtats.
Pour faire son allégeance
Au maître de la séance
Encore faudrait-il
Ce ne serait pas inutile
Cacher son ignorance.
Pour défendre avec énergie
Mais avec le sourire,
Un rucher d’anthologie
Menacé de périr,
Je ne pouvais, sans précaution
Oratoire,
Dans mon réquisitoire
Évoquer la disparition.
Il me fallait un préambule.
Si vous le trouvez désespérément ...
Nul,
Ne poussez forts hurlements,
Ne levez pas les yeux au ciel.
Lisez ce billet qui traite sans fiel
Du miel.
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Qui, de nos jours, ignore encore l’importance capitale des insectes pollinisateurs ?
Au-delà de la production du miel, le rôle fécondant de l’abeille pour une très grande diversité de plantes, fleurs et arbres fruitiers est essentiel.
Les « mouches à miel » sont les meilleurs vecteurs de pollen et la diminution de leur population – statistiquement constatée – devient inquiétante.
Déjà, certaines régions voient leur production fruitière diminuer inexorablement dans les vergers et les jardins.
Les abeilles sauvages sont en péril. Leurs lieux de nidification – haies, bosquets … - sont en voie de disparition.
Aussi est-il nécessaire de maintenir en place les colonies d’abeilles domestiques, voire d’en implanter de nouvelles.
A la Trésorerie, un rucher cinquantenaire, créé par René Petit et repris par Pierre Gueudet, produit dans la quiétude d’une zone naturelle remplie de plantes mellifères, un miel d’excellente qualité1. Les Ressonnais ont donc une chance exceptionnelle : l’excellente pollinisation de leurs cerisiers, pruniers, framboisiers et autres pêchers est assurée …
Las !
L’aménagement d’un lotissement aussi démesuré qu’inutile avec des établissements à usage collectif et de nouvelles voies de circulation entrainerait fatalement – eu égard à la législation – la suppression du rucher de la Trésorerie.
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1 – Voir les fac-similés en bas de page de deux des nombreux diplômes obtenus pour ce rucher.
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Chez nous, un maire uniquement préoccupé par la recherche d’une gloire personnelle déjà bien entamée, ne saurait se soucier de la sauvegarde de la faune et de la flore : chaque mètre carré de terre qu’il convoite et arrache à son propriétaire est destiné à la stérilisation ;
sous la glèbe, le tout à l’égout ;
sur le sentier, le bitume ;
sur la jachère, le pavé autobloquant …
Alors, les abeilles, vous pensez ...
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Un bel exemple à suivre
160 communes wallonnes sur 262 ont répondu à l'appel du ministre wallon de l'Agriculture, Benoît Lutgen, qui proposait de s'engager durant trois ans dans la protection des abeilles.
La première année, les communes "Maya", du nom du projet, devront préparer le terrain pour favoriser la présence d'abeilles sur le territoire en plantant des haies, arbres fruitiers ou mellifères.
L'année d'après, les communes devront incorporer au moins 20% d'espèces mellifères et réaliser un inventaire suivi d'une mise à disposition de sites pour les ruches.
Enfin, la troisième année, les obligations des premières années seront maintenues et complétées par un "plan de réduction voire d'abandon de l'utilisation des pesticides".